Benoît Virole
Lauréat 2008 : Benoît Virole, Shell, Hachette, 2007.

Shell, par Manon Dular
« Au premier contact de sa couverture sombre, les yeux indécis de juré se posent sur l’image mystérieuse qui éveille la curiosité essentielle à l’envie de lire et d’entrer dans un univers nouveau, surprenant : telle est la promesse de cet ouvrage… C’est écrit rouge sur noir, Shell sera donc un roman plein de rebondissements. Ce noir, montrant la métamorphose de Gabriel, le personnage principal, face au néant virtuel, à l’incertitude réellement virtuelle et virtuellement réelle, ou à la dépendance bien présente à ce jeu qui porte bien son nom : New World Ecstasy. Ce rouge évoquant secrètement l’amour de jeune enfant que Gabriel porte à l’ Être parfait qu’il désire posséder, acceptant de franchir la barrière de la réalité au point de ne plus savoir, d’être esclave, de mettre de force sa vie entre parenthèses, de chercher jour et nuit dans ce virtuel ultra réaliste celle à la beauté parfaite qui ne tient qu’en un seul mot : Shell. Gabriel, jeune professeur d’histoire de l’art est un personnage touchant de par sa naïveté enfantine et sa ténacité passionnée… Ne vous êtes-vous jamais pris en train de rêver à ce qui pourrait motiver chez vous une quête sans égale priorité? N’est-ce pas respectable de se donner tous les moyens pour atteindre un but important au point de s’oublier? Ce livre fait l’effet même du jeu… On devient très vite dépendant de cette histoire qui, si riche en dehors de l’intrigue principale, ne peut rester en suspens. On ne peut s’empêcher de rester on line, connecté avec l’histoire. « Devenu Faust, l’esprit de Gabriel courait sur la plaine, sautant le cours des torrents, escaladant les ravins d’Ecstasy, affrontant les cavaliers de la horde noire. Dans l’autre monde, Gabriel ne levait les yeux de l’écran qu’à regret, s’imposant de noter ses impressions. » (p.73) Ce roman séduit ; tissé de fines descriptions, que ce soit à propos de personnages ou de paysages réels ou virtuels, de caractères, de milieux.« Faust marchait. Au-dessus de lui, les deux lunes d’Ecstasy tournaient infiniment lentement mais la lumière incidente de leurs rayons projetait au sol des ombres démesurées. La plaine était immense et depuis fort longtemps le contour des montagnes du Nord s’était amoindri jusqu’à se confondre avec les fluctuations de l’horizon. » (p.91) Ce roman instruit ; ancré dans un contexte de conflit géopolitique très contemporain complété d’une documentation très riche. « Les posters de Che Guevara décorent leurs chambres d’étudiants à Casablanca… Il vit aussi les photos des djihadistes prisonniers de Guantanamo, vêtus d’une combinaison orange, les yeux bandés et les oreilles recouvertes d’un casque d’isolation phonique, accroupis dans des cages sous férule de gardes-chiourmes au visage poupin marqué par la bêtise d’une Amérique obèse… » (p.194) La rencontre avec Benoît Virole est un moment qui reste fort. On a pu comprendre son double regard sur son ouvrage ; celui de psychanalyste et de romancier. Les élèves observaient le romancier et le psychanalyste observait les élèves, tandis que le romancier profitait de cette expérience nouvelle… Même affaibli, c’est un romancier passionné que nous avons découvert. C’est l’image d’un homme aussi touchant que son personnage, aussi musicien que clarinettiste, aussi psychanalyste qu’écrivain, aussi essayiste que romancier que nous retenons de ce lauréat en cette année 2008... »

Shell, par Manon Dular
« Au premier contact de sa couverture sombre, les yeux indécis de juré se posent sur l’image mystérieuse qui éveille la curiosité essentielle à l’envie de lire et d’entrer dans un univers nouveau, surprenant : telle est la promesse de cet ouvrage… C’est écrit rouge sur noir, Shell sera donc un roman plein de rebondissements. Ce noir, montrant la métamorphose de Gabriel, le personnage principal, face au néant virtuel, à l’incertitude réellement virtuelle et virtuellement réelle, ou à la dépendance bien présente à ce jeu qui porte bien son nom : New World Ecstasy. Ce rouge évoquant secrètement l’amour de jeune enfant que Gabriel porte à l’ Être parfait qu’il désire posséder, acceptant de franchir la barrière de la réalité au point de ne plus savoir, d’être esclave, de mettre de force sa vie entre parenthèses, de chercher jour et nuit dans ce virtuel ultra réaliste celle à la beauté parfaite qui ne tient qu’en un seul mot : Shell. Gabriel, jeune professeur d’histoire de l’art est un personnage touchant de par sa naïveté enfantine et sa ténacité passionnée… Ne vous êtes-vous jamais pris en train de rêver à ce qui pourrait motiver chez vous une quête sans égale priorité? N’est-ce pas respectable de se donner tous les moyens pour atteindre un but important au point de s’oublier? Ce livre fait l’effet même du jeu… On devient très vite dépendant de cette histoire qui, si riche en dehors de l’intrigue principale, ne peut rester en suspens. On ne peut s’empêcher de rester on line, connecté avec l’histoire. « Devenu Faust, l’esprit de Gabriel courait sur la plaine, sautant le cours des torrents, escaladant les ravins d’Ecstasy, affrontant les cavaliers de la horde noire. Dans l’autre monde, Gabriel ne levait les yeux de l’écran qu’à regret, s’imposant de noter ses impressions. » (p.73) Ce roman séduit ; tissé de fines descriptions, que ce soit à propos de personnages ou de paysages réels ou virtuels, de caractères, de milieux.« Faust marchait. Au-dessus de lui, les deux lunes d’Ecstasy tournaient infiniment lentement mais la lumière incidente de leurs rayons projetait au sol des ombres démesurées. La plaine était immense et depuis fort longtemps le contour des montagnes du Nord s’était amoindri jusqu’à se confondre avec les fluctuations de l’horizon. » (p.91) Ce roman instruit ; ancré dans un contexte de conflit géopolitique très contemporain complété d’une documentation très riche. « Les posters de Che Guevara décorent leurs chambres d’étudiants à Casablanca… Il vit aussi les photos des djihadistes prisonniers de Guantanamo, vêtus d’une combinaison orange, les yeux bandés et les oreilles recouvertes d’un casque d’isolation phonique, accroupis dans des cages sous férule de gardes-chiourmes au visage poupin marqué par la bêtise d’une Amérique obèse… » (p.194) La rencontre avec Benoît Virole est un moment qui reste fort. On a pu comprendre son double regard sur son ouvrage ; celui de psychanalyste et de romancier. Les élèves observaient le romancier et le psychanalyste observait les élèves, tandis que le romancier profitait de cette expérience nouvelle… Même affaibli, c’est un romancier passionné que nous avons découvert. C’est l’image d’un homme aussi touchant que son personnage, aussi musicien que clarinettiste, aussi psychanalyste qu’écrivain, aussi essayiste que romancier que nous retenons de ce lauréat en cette année 2008... »
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