News : KAMEL HAJAJI, LAUREAT 2010
(Catégorie Actualités)
Posté par eric
dimanche 23 août 2009 - 16:09:13

Le prix "Jeune Mousquetaire du Premier Roman"
a été attribué à Kamel Hajaji
pour son roman
Fuck you NewYork

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Pour le compte-rendu de la remise du prix, rendez-vous sur   http://agora32.fr/spip.php?article37
(et merci à Sabine et Jean-Luc pour leur aide.)

Voici comment Vincent présenta le livre de Kamel Hajaji :


Dans une écriture à l’image du titre, crue, directe, violente, Kamel Hajaji décrit une lente descente aux enfers : Malek, jeune français né de parents tunisiens, s’envole pour New-York, deux ans après le 11 septembre, avec son ami Ben pour y étudier le cinéma et le journalisme. Il compte y vivre son rêve, et croquer la grosse pomme à pleines dents ! Mais voilà, c’est la grosse pomme qui va le croquer. Et pleinement. Fouille au corps, interrogatoire, irrespect ; celui qui a grandi dans un quartier chic de Paname, français jusqu’au bout des ongles, se fait maintenant persuader qu’il est un dangereux arabe, un muslim à la bombe cachée dans le turban ! Et ce traumatisme grandit à New-York ; Malek est chamboulé, survit péniblement à son expérience, et, de plus en plus, pense qu’il est surveillé. Le racisme et la paranoïa ambiante aux Etats-Unis s’ancrent en lui, devenant un délire schizophrénique, l’emmenant dans un enfer bitumé.

         Le langage percutant associé au sujet fait de ce livre un véritable petit bijou : de la vulgarité naît une forme de poésie, et du sujet naît un drame augmentant tout le long du livre, en même temps que la schizophrénie du narrateur : bouleversant. L’écriture coup-de-poing donne un côté « parlé » à la narration, délicieux ! A lire absolument.
    « Je me colle la tronche dans le miroir et remarque que je ne me suis pas rasé depuis pas mal de jours. Des poils recouvrent salement ma peau nacrée. La douane encore. La douane décidément. Faut que je fasse gaffe. Je repense à ce papier qu’ils m’ont filé à l’hosto, m’obligeant à me présenter au service de l’émigration en m’interdisant de quitter New-York sous aucun prétexte. Une liberté conditionnelle, quoi.
Et je replonge. Dans leurs gueules qui m’enroulent. Je revois. Leurs mains agitant la feuille devant mes yeux apeurés, leurs bouches élargies comme des fosses édentées. Moi assis et eux debout, brandissant ce papier comme une page de la Bible. Je les entends. Me menacer de ne pas m’amuser à sortir de la ville, que ce serait sûrement une erreur, que je me scierais la branche aussi sûrement que 2 et 2 font 4. Evidemment Ricky, j’ai demandé pourquoi. Ils m’ont répondu que c’était comme ça. »
 
Article composé par Vincent Davy.



Cette news a été imprimée depuis le site "Un livre dans la Poche"
( http://www.prixjeunemousquetaire.org/news.php?extend.8 )